Après la catastrophe naturelle, c’est une catastrophe nucléaire qui menace le Japon. Au cœur de la crise, notre première
réaction est de manifester au peuple japonais notre compassion et notre solidarité. L’heure n’est pas aux calculs politiciens, elle est au soutien des Japonais et des Français du
Japon.
Une mission française est arrivée au Japon, lundi 14 mars. Elle compte 121 personnes, dont deux détachements de la sécurité
civile, incluant des spécialistes de radioprotection, des agents du centre de crise du ministère des affaires étrangères et européennes et des personnels du ministère de la santé. La France
continue à acheminer des matériels de premier secours pour les victimes de la catastrophe dans la
région de Miyagi-Ken.
Il n’y a pas pour l’instant de victime française à déplorer, mais 4 de nos compatriotes sont encore recherchés dans la zone
touchée. Il y a en temps normal près de 5 000 Français dans l’agglomération de Tokyo. Aujourd’hui, on compte 2500 Français dans la région de Tokyo et 2000 Français dans
les régions Sud du Japon. Les autorités françaises ont mis des avions gouvernementaux à disposition pour répondre sans délai à la demande de nos ressortissants souhaitant quitter le
Japon.
Il n’a échappé à personne que les verts ont essayé de tirer un parti politicien de ce drame humain, à la veille des
cantonales(Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a notamment appelé à « organiser de manière concertée
la sortie du nucléaire »). Quelle médiocrité que d’instrumentaliser à des fins électoralistes l’émotion et l’inquiétude engendrées par cette catastrophe, dont le bilan humain n’est même pas
encore connu. Les Verts usent en ce moment de la même technique que le FN : ils instrumentalisent les peurs !
Bien sûr, nous devrons tirer tous les enseignements de cette crise en termes de sécurité, et, même débattre du
nucléaire car aucun débat n’est tabou dans notre République.
Les prévisions météorologiques prévoient aujourd’hui le survol du nuage radioactif de notre pays. LE gouvernement a décidé de
jouer la carte de la transparence.
Sur le suivi de la situation nucléaire au Japon et de ses éventuelles conséquences. L’Institut de radioprotection et de la
sûreté nucléaire (IRSN) dispose d’un réseau de surveillance de la radioactivité constitué de 163 balises de surveillance réparties sur tout le territoire français, dont une balise à Tahiti, dans
le Pacifique. Les données sont publiées en temps réel sur le site internet de l’IRSN. Le nuage toxique qui survole la France après avoir traversé la moitié du globe est inoffensif (la
radioactivité resterait à des niveaux extrêmement bas, 1000 à 10 000 fois moins que les retombées de Tchernobyl selon le président de l’Agence de Sûreté nucléaire).
Sur la sécurité du nucléaire en France : il est évident que le risque zéro n’existe pas, mais la France n’est pas le
Japon. La centrale de Fukushima a eu à subir les assauts conjoints d’un séisme de force 9 et d’un tsunami avec des vagues de 10 mètres de haut ! Sous des latitudes
tempérées comme les nôtres, les séismes et tsunamis sont rarissimes… Et la probabilité de subir un cataclysme semblable est quasi nulle. En outre, la technologie des centrales nucléaires
françaises est différente de celles du Japon : les réacteurs de Fukushima, sont à « eau bouillante », à la différence des réacteurs d’EDF qui sont à « eau pressurisée » dont la technique est
beaucoup plus sûre et aboutie.
Surtout, nos 19 sites nucléaires comprenant 58 réacteurs sont extrêmement surveillés, la France a toujours été intransigeante
avec la sécurité des Français :
La Loi sur la Transparence et la sécurité nucléaire (TSN) de
2006, votée par la droite, a doté la France d’une organisation et d’outils puissants en matière de sûreté nucléaire. Cette organisation s’appuie sur l’Autorité de
Sûreté Nucléaire (ASN), autorité administrative indépendante, véritable gendarme du nucléaire. Elle contrôle les sites nucléaires et peut imposer des prescriptions aux exploitants pouvant aller
jusqu’à la fermeture en cas de risque grave. L’ASN s’appuie notamment sur l’expertise de l’IRSN et de ses spécialistes reconnus au niveau international. L’IRSN assure également la surveillance de
la radioactivité dans l’environnement via des balises de surveillance réparties sur tout le territoire français (y compris les DOM et à Tahiti) et l’intégralité des mesures est publiée sur
Internet.
La règle en vigueur en France est de profiter de chaque examen périodique obligatoire des centrales pour hisser le
niveau d’exigence de sureté des réacteurs.
Les différents types de risque, comme le risque sismique et le risque inondations, sont intégrés dès la conception des
réacteurs. Les centrales nucléaires qui en France, sont sur des zones sismiques à risques modérés, ont toutes fait l’objet de mesures de prévention très importantes, prenant la plus haute
hypothèse sismique que la France n’ait jamais connu. Les réacteurs nucléaires français peuvent ainsi résister à des
séismes d'une magnitude de 6 à 7 sur l'échelle de Richter. Concrètement, EDF a recensé le plus fort tremblement de terre apparu dans la région d'une centrale sur les 1 000 dernières années et
ajouté une marge
L’ASN précisera au Gouvernement prochainement les dispositions issues de ces contrôles qui devraient améliorer encore la
sécurité de cette centrale. Edf revoit constamment ces risques et effectue des travaux pour adapter les centrales : l’entreprise a dépensé 500 millions € sur les 8 dernières années sur des
travaux liés aux séismes.
La France va contrôler la sûreté de « toutes ses centrales nucléaires pour que
chacune puisse tirer les enseignements de l'accident de la centrale de Fukushima.
Avec les réacteurs nucléaires EPR de nouvelle génération, la sécurité des centrales n’aura jamais été aussi
renforcée ! Avec l'EPR, on pourra produire 36% de plus par réacteur par rapport à la technologie actuelle en dégageant 30% de volume de déchets en moins. L'EPR augmente en outre
considérablement la capacité de recyclage des déchets nucléaires: les déchets d'uranium appauvri issu du retraitement pourront ainsi être en partie réutilisés dans les futurs réacteurs.
La France a toujours mis la sécurité en priorité
n°1.Cette exigence
absolue de sécurité rend d’ailleurs nos centrales plus onéreuses que celles de nos concurrents internationaux, au risque de nous faire perdre des parts de marché lorsque le prix devient le
premier critère de choix. Mais nous ne transigeons pas sur ce point !
Le nucléaire contribue à la lutte contre le réchauffement
climatique: en
termes de rejet de CO² dû à la consommation d'énergie, la France n'émet que 1,6 tonne de carbone par habitant, contre 2,7 pour l'Allemagne, 2,5 pour le Royaume-Uni et une moyenne de 2,27 pour
l'Union européenne. Certains écologistes comme Stephen Tindale ou Patrick Moore, anciens de Greenpeace, ont ainsi reconnu que le recours au nucléaire était légitime pour lutter contre le
réchauffement climatique, la menace la plus urgente à l’échelle planétaire
Le nucléaire est un élément clé de notre indépendance énergétique puisqu’il assure 80% de notre consommation
d’électricité. Grâce à l'essor du parc nucléaire français, le taux d'indépendance énergétique est ainsi passé de 25% en 1980 à 50% en 1990, se stabilisant ensuite à ce
niveau moyen.
Quelle est l’alternative au nucléaire aujourd’hui ?
- les matières premières ? Leur prix ne cesse d’augmenter et cela ne va pas s’arrêter alors que les besoins en énergie
vont croître de 30 à 40% dans le monde d’ici 20 ans !
- les énergies renouvelables ? Elles sont évidement une solution d’avenir (selon les objectifs du Grenelle de
l’environnement, elles devraient représenter 23% de notre consommation finale d’électricité d’ici à 2020) mais elles ne peuvent à elles seules remplacer l’ensemble de la production
nucléaire !
C’est grâce au nucléaire que nous avons une électricité 40% moins chère que la moyenne des autres pays européens.
Cela ne veut pas dire qu’on doit négliger les pistes des énergies renouvelables –d’ailleurs avec le Grenelle nous avons fait
un effort massif en faveur de l’éolien et nous avons atteint en 2010 les objectifs fixés pour 2015 pour le photovoltaïque- mais aujourd’hui elles sont insuffisantes et coûteuses !
Le nucléaire est une industrie créatrice d’emplois qualifiés dont on nous envie la qualité et la compétence dans le monde
entier ! Près de 200 000 personnes sont employés par la filière du nucléaire dans notre pays, les verts veulent-ils par idéologie le licenciement immédiat de ces 200 000
Français ?
Le nucléaire, c’est aussi un élément important d’attractivité de notre territoire pour les étrangers car le coût de l’énergie
est inférieur en France qu’ailleurs en Europe.