François Fillon s'exprime sur l'impact en France de la crise boursière US

Publié le par UMP-94 FsB

Extrait du discours du Premier Ministre, François Fillon, à Antibes le 03 otcobre 2008 aux journées parlementaires de l'UMP, sur l'impact et les retombées sur la France de la crise internationale. Il indique comment les mesures prises et les responsabilités de l'Etat ont été engagées pour minimiser les impacts en France.

"A Antibes, je suis venu partager avec vous les hautes responsabilités qui nous incombent face à la crise internationale.
Avec le Président de la république, nous avons besoin de votre soutien sans faille.
Je suis venu vous dire que ce que nous avons fait ensemble pour la France, depuis 17 mois, est un atout pour affronter l’avenir.

Ne vous laissez pas voler vos victoires !
Ne vous laissez pas déposséder de votre bilan !

En 18 mois, vous avez réalisé ou engagé plus des deux tiers de la campagne présidentielle.
La première rupture du quinquennat de Nicolas Sarkozy, c’est justement le respect intégral des engagements pris.

Réhabilitation du travail, desserrement du carcan des 35 heures qui pourront faire l’objet d’une négociation d’entreprise, autonomie des universités, démocratie sociale avec la fin du monopole des candidatures aux élections professionnelles, service minimum dans les transports et à l’école, alignements des régimes spéciaux de retraite sur les principes du régime général, fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC, Grenelle de l’environnement, loi de modernisation de l’économie, réforme des Institutions, nous avons mené toutes les réformes en même temps parce que la France avait cumulé trop de retard pour continuer à temporiser devant de front des conservatismes.

Chacune de ces réformes était un pari risqué.
Leur réussite n’indique pas seulement un changement politique mais leur réussite indique avant tout, un changement d’état d’esprit.

Les Français veulent le changement !

Les Français, comme je l’avais pressenti depuis longtemps, ne craignent pas les réformes mais ils exigent qu’elles soient justes et efficaces.
Vous pouvez être fier de votre bilan, car j’ai la faiblesse de croire que peu de majorités en ont fait autant pour la France en si peu de temps.
Avec ces réformes, nous nous sommes donné les moyens de tenir le choc face à la crise actuelle et de saisir les premières opportunités d’un retournement inéluctable de la conjoncture.
J’invite les Français à s’interroger sur la situation dans laquelle nous nous trouvions si c’était le projet de nos concurrents qui avait été mis en œuvre.
Généralisation des 35 heures dans les PME, augmentation arbitraire du SMIC, maintien des inégalités des régimes de retraites, augmentation massive des impôts et refus de réduire la dépense publique :
La vérité c’est que la France serait, à cette heure, totalement asphyxiée par le retournement de la conjoncture économique.

 Mes amis,

La crise financière est un test de notre détermination et un test de notre solidarité dans l’épreuve.
Elle exige du sang froid, de la ténacité et notre unité nationale.
Unité nationale car cette crise n’est pas franco-française, elle est mondiale.
Déclenchée il y a un an par l’impasse pourtant prévisible des « subprimes », c’est-à-dire des mauvais crédits, conjugués à un choc pétrolier violent, elle a atteint son paroxysme quand, le 18 septembre dernier, la faillite de la 5ème banque d’affaires américaine a fragilisé instantanément tout le système bancaire international.
La faillite de Lehman Brother devait purger le système, elle a détruit son essence : la confiance !
Si les banques françaises résistent mieux à cette crise c’est parce qu’elles sont restées des établissements universels et qu’elles ont sans doute pris moins de risques, la tourmente financière qui souffle des Etats-Unis les fragilise et les conduit à resserrer les conditions du crédit, entraînant par là même un ralentissement de l’activité économique.

Résultat : des prévisions de croissance en berne dans toute l’Europe et le chômage qui repart partout à la hausse.
Dans cette conjoncture exceptionnelle, j’invite tous les Français, qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche, à faire preuve d’unité.
Lors du débat consacré à la crise que nous aurons mercredi au Parlement, je souhaite que la Majorité et l’opposition puissent, dans un même élan et dans l’écoute des arguments de chacun, dégager des points de consensus.

 

Le Général de Gaulle disait que la politique de la France ne se faisait pas à la corbeille.
Je dis aujourd’hui que les marchés doivent renouer avec les fondements de l’économie réelle !
Le capitalisme financier a dérapé.
Il faut recadrer un système devenu incontrôlable et sans éthique, bâtir de nouvelles régulations, instaurer de nouveaux rapports entre l’Etat et le marché.
Il faut refonder le marché financier et monétaire international.
Il faut mieux organiser les marchés financiers.
Il faut mieux encadrer les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs pour favoriser les comportements responsables.
Nous croyons au capitalisme qui a permis l’essor de la civilisation occidentale.
Nous croyons à le liberté d’entreprise sans laquelle il n’y a pas d’innovation et de progrès économique.
Nous voulons encourager les entrepreneurs et dissuader les spéculateurs.
C’est le sens de l’initiative qu’a pris le Président de la République en demandant une réunion des chefs d’Etats et de gouvernements des principaux pays industrialisés.
Qui peut douter que cette réunion ne soit nécessaire quand le monde est au bord du gouffre par la faute d’un système irresponsable ?

Dans ce débat vital qui s’engage, l’Europe doit jouer son rôle.
Demain je serai aux côtés du Président de la République qui réunira les quatre puissances européennes membres du G8, le président de la Commission et le gouverneur de la BCE.
Il rappellera qu’il n’y aura de sortie à cette crise que collective.
Il proposera à l’Europe de sécuriser ses systèmes bancaires, de dégeler le crédit et de coordonner sa stratégie économique et monétaire. 

Mes amis, 

Entre le capitalisme dévoyé et le dirigisme socialiste, il existe un champ politique que nous investissons sans complexe avec pour seul but de replacer la France sur le chemin du progrès.
Là où la dynamique économique est nécessaire, nous sommes libéraux.
Là où la justice sociale est nécessaire, nous sommes solidaires.
Là où la régulation de l’Etat est nécessaire, nous croyons en l’Etat.
Dans la nuit de lundi à mardi, nous étions avec le Président de la République sur le pont pour sauver DEXIA du naufrage.
L’Etat interviendra à chaque fois que cela sera nécessaire pour sécuriser notre système bancaire.
Nous ne nous interdisons aucune solution pour garantir qu’aucune institution bancaire ne sera acculée à la faillite. Il s’agit pour nous d’assurer la sécurité des clients et le fonctionnement de l’économie.
Nous agissons et nous agirons pour protéger les Français, pas pour assister ceux des responsables qui se sont affranchis des règles minimales de prudence.
Ceux-là, ils devront s’expliquer et non se dérober, et qu’ils ne comptent pas sur l’Etat actionnaire pour les aider à sauter en parachute doré.
Notre priorité c’est le rétablissement de la confiance.
C’est aussi le soutien à nos PME qui risquent d’être les premières victimes du resserrement du crédit.
Elles ont besoin d’investir, elles ont besoin de crédits pour fonctionner.
Devant cette exigence, je veux rappeler à l’opposition la pertinence des deux choix que nous avons fait il y a quelques mois :
Celui d’instaurer un crédit d’impôt recherche qui est considéré comme le plus performant d’Europe, et de réformer l’ISF, ce qui a déjà permis d’orienter près d’1 milliard d’Euros vers nos PME.

Avec le Président de la République, nous avons pris, hier, les mesures nécessaires pour accroître massivement les sommes disponibles pour les crédits aux PME.
D’augmenter les moyens d’OSEO pour garantir des prêts aux PME et prêter en direct en cofinancement avec les banques.
De réaffecter vers le financement des PME une partie des ressources collectées sur les livrets d’épargne réglementée.
Au total, c’est plus de 20 milliards d’Euros de ressources supplémentaires qui seront dégagées dans les tout prochains jours pour les PME.
Cela représente une augmentation de leurs capacités de financement de 10%.
Les surplus des fonds des livrets d’épargne réglementée contribueront à cet effort.
Il ne s’agit en aucun cas de financer les pertes éventuelles des banques mais bien de prêter aux PME pour qu’elles ne soient mises en difficultés par la raréfaction du crédit.

Les épargnants n’ont rien à craindre de cette décision puisque les sommes déposées sur les livrets d’épargne réglementée sont et resteront garanties à 100%.

J’entends que certains s’inquiètent de voir ce surplus échapper à notre politique de logement social.
Je les rassure.

Dans ce secteur, nous allons augmenter le plafond des prêts d’accession sociale.
Ces plafonds n’ont pas été indexés depuis 2001.
Nous les porterons au niveau des plafonds des prêts à taux zéro, ce qui permettra de rendre éligibles près de 80% des Français. 
Nous allons renforcer l’offre de construction du logement social en lançant un plan d’acquisition sans précédent de programmes immobiliers en vente en état futur d’achèvement.
Il existe actuellement un stock de projets, pour lesquels les promoteurs maîtrisent le foncier et disposent de permis de construire et qu’ils ne mettent pas en chantier faute d’avoir identifié un acquéreur.

Eh bien, l’Etat s’engage et s’engage sans délai !

La mise en œuvre de ce programme de 30.000 logements sera effectuée avec la mobilisation des promoteurs et de l’ensemble des organismes HLM – et en lieu les grands opérateurs publics.
Un travail d’identification de tous les programmes susceptibles d’être engagés, est en cours.
Il sera effectué en lien avec les collectivités locales, là où elles ont la délégation de compétence en terme de logements sociaux.
Nous allons augmenter le nombre de PASS Foncier en 2009 afin de porter le nombre de logements collectifs pouvant bénéficier d’une telle aide à 30.000, au lieu de 20.000 prévus actuellement.
Nous allons enfin dynamiser le foncier public.
Le Gouvernement étendra pour les opérations PASS foncier la décote existante de 35% sur la valeur des terrains de l’Etat vendus pour construire du logement social.
Le programme de mobilisation des terrains publics en vue de construire 70.000 logements, dont 40% de logements sociaux, sera accéléré.
J’ai décidé de tenir une réunion mensuelle des principaux acteurs de cette opération pour vérifier son état d’avancement. 
Sur ce sujet, j’ai là encore, une pensée pour l’opposition qui, il y a un an, nous reprochait notre politique d’acquisition à la résidence principal, qui profite majoritairement aux classes moyennes.
Plus de 320.000 foyers ont déjà bénéficié du crédit d’impôt sur le revenu sur une partie des intérêts de leur emprunt.
Sans cette mesure, la crise immobilière que nous connaissons serait bien plus sévère.

Devant les effets d’une crise qui nous est imposée, avec le Président de la République, nous avons pris nos responsabilités.

Nous décidons sans attendre, sans hésitation, sans atermoiement.
Nous nous engageons pour garantir le fonctionnement du système bancaire.
Pas demain ! Maintenant !
Nous nous engageons pour assurer le financement de l’économie française.
Pas demain ! Maintenant !
Nous nous engageons pour garantir l’accès des ménages français au logement.
Pas demain ! Maintenant !
…/…"

Publié dans Grandes mesures

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