Budget 2009 de Fontenay-sous-Bois : la position de l'UMP le 06 février 2009

Publié le par UMP-94 FsB

Intervention d'Agnès Arcier, Présidente du Groupe UMP au Conseil Municipal de Fontenay-sous-Bois, lors de la présentation du budget 2009 le 06 février 2009 :

Monsieur le maire, chers collègues,

 

Quelle déception pouvons-nous ressentir devant la présentation de vos axes d’orientations pour le budget 2009 ! M Bedouret, quelle présentation désespérément fausse des réalités, quel manque de réalisme et d’ambition !

Une fois de plus, alors que l’heure est grave pour notre pays, que la crise rend la vie très difficile pour tous, que les collectivités publiques ont une responsabilité particulière à assumer dans la gestion de la dépense publique, vous n’avez qu’une seule approche des choses, qu’un seul slogan à la bouche; pour vous, tout est toujours de la faute de l’Etat, tout est toujours de la faute du gouvernement. 

Et vous revendiquez toujours plus, sur le fonds national à l’aménagement et la compétitivité des territoires, sur le remboursement du ticket modérateur de la TP, etc….

 

Comment ne pas s’indigner en voyant les documents d’information que vous diffusez  aux Fontenaysiens  pour présenter vos grands axes budgétaires. Au lieu de présenter le contexte exact des finances publiques dans notre pays, vous vous cachez derrière des critiques des relations entre Etat et collectivités locales pour masquer votre difficulté à gérer la ville. Il est vrai que vous devez en avoir, des difficultés, à vous mettre d’accord ensemble au sein de votre majorité pléthorique de petits partis, alliant la carpe et le lapin : c’était sans doute plus facile de bâtir un programme démagogique de dizaine de mesures contentant les uns et les autres, que cela doit l’être d’arriver à se mettre d’accord  autour de vraies priorités. C’est pour cela qu’on ne les voit pas dans votre présentation, M Bedouret, M Benedict, vos priorités.

 

Voilà donc revenue une campagne de désinformation agressive contre l’Etat et son prétendu désengagement. Vous présentez des amalgames indignes, mélangeant a priori et contre-vérités idéologiques sur le soi-disant démantèlement des services publics  et la supposée privatisation tous azimuts.

Oui, c’est une information fallacieuse que vous donnez aux Fontenaysiens.

 

Nous, monsieur le maire, nous faisons le choix de la défense de la vie des habitants, le choix d’agir pour une ville à la fois solidaire, juste et efficace, une ville où existent la confiance, la liberté de choix, la qualité des services, ainsi que le respect du travail et le sens des responsabilités de chacun.

Le budget qui reflèterait ces valeurs, ce n’est pas celui des orientations que vous donnez : des orientations qui veulent ne prendre aucun risque, aucune option pour l’avenir, celles du plus petit dénominateur commun, celles qui conduisent à l’immobilisme et à l’attentisme. Des orientations sans contenu, sans vision à moyen et long terme. Car quand la crise est grave, on ne ravale pas en surface la façade, on la refonde. C’est ce que le gouvernement fait au plan national, c’est en cohérence avec cette attitude que le budget local devrait être préparé.

 

Regardons vos éléments de réflexion sur le contexte national……

 

Ce que vous omettez de dire dans votre description du contexte financier  pour les collectivités locales, c’est que nous sommes en France devant l’obligation de réduire le poids exorbitant de la dépense. Car la dette publique de la France, la dette globale toutes collectivités confondues, est immense.  66% du produit intérieur brut du pays.

La maîtrise de la dépense est ce qui garantit la solvabilité de l’Etat et des collectivités publiques ; en situation de crise, nous l’avons bien vu, l’Etat est le seul à qui les marchés acceptent de prêter, et c’est dû à une confiance dans le rétablissement structurel des finances publiques.  Il n’y a aucune contradiction, c’est tout le contraire, il y a un lien très fort entre la lutte contre les dépenses inefficaces et la capacité publiques à financer l’économie et les besoins de la société. Qui dit réponse améliorée aux besoins des citoyens, dit gestion rigoureuse dans les moyens.  Pour que l’Etat, pour que les collectivités publiques soient solvables et puissent jouer leur rôle de levier, il faut accepter de réformer et d’être économe de l’argent public.

 

Or nous devons affronter les contraintes du passé. Le passé nous rattrape. Le temps est révolu où la baisse des taux d’intérêt servait d’anesthésiant à la progression de la dette. Aujourd’hui, le service de la dette c’est 4 milliards de plus par an. Le passé nous rattrape aussi par la démographie. L’arrivée des générations du baby-boom à la retraite, c’est 13 milliards de plus à la charge des finances publiques par an.

Face à cette situation, l’effort de maîtrise des dépenses de l’Etat est sans précédent. Le rythme de croissance de la dépense publique en euros constants est divisé par deux cette année, pour la première fois ; poursuivi depuis plusieurs années, cet effort n’avait jamais été atteint, permettant de dégager sur l’Etat 10 milliards d’économies. Si de mêmes efforts sur la dépense publique avaient été réalisés sur les dix dernières années, le budget de l’Etat serait aujourd’hui à l’équilibre, et cela nous mettrait dans une position tellement plus favorable pour affronter la crise et préparer l’avenir.

 

Cet effort sans précédent, il n’est pas possible d’en exempter les collectivités locales.

Avec un engagement financier de 73 milliards d’euros, les collectivités territoriales sont le premier poste du budget de l’Etat. Pour mémoire, les dépenses des collectivités représentent globalement 200 milliards d’euros, la moitié de celles de l’Etat, un cinquième des dépenses publiques.  L’inflation prévisionnelle est fixée à 1,5 %, elle sera d’ailleurs sans doute moindre,  mais le gouvernement  a décidé d’aller exceptionnellement en 2009 au-delà pour les collectivités et la croissance  prévue des dotations est de 2%, soit 1,1 milliard d’augmentation. Au sein de cette enveloppe, l’Etat a décidé de privilégier l’investissement, et notamment de préserver le FCTVA, M Bedouret, qui progresse de 660 millions d’euros. Faut-il aussi ajouter que l’Etat a répondu présent pour assurer le sauvetage de Dexia, et a garanti son refinancement, afin d’apporter le soutien nécessaire dans cette crise au financement des collectivités locales. .

 

L’effort doit être global,  c’est un effort juste, c’est  celui qui permet de ne pas continuer à détruire l’avenir de nos enfants en leur léguant dans quelques années un pays exsangue.

Plutôt que de s’en plaindre, Fontenay, qui possède des ressources,  des atouts pas forcément bien mis en valeur, Fontenay qui ne fait pas partie des villes en grande difficulté financière, Fontenay devrait se monter favorable à la participation à la maîtrise des dépenses publiques, Fontenay devrait préparer l’avenir avec plus de vigueur, en  recherchant de vraies économies et une meilleure gestion. Nous devrions être fiers de viser à réduire un peu les dépenses de fonctionnement. Nous devrions voir émerger de vraies priorités pour l’investissement.

 

Vous criez à l’étrangement : les chiffres que j’ai donnés montrent qu’au contraire dans une situation difficile pour le pays, le gouvernement cherche à aider les collectivités.

Vous critiquez  l’évolution prévue en ce qui concerne la taxe professionnelle / vous êtes pourtant en faveur de la création d’emplois dans ce pays, et vous savez combien la taxe professionnelle, bizarrerie historique française qui est unique en Europe, est devenue très contreproductive pour espérer attirer des entreprises sur les territoires français.  Où est votre cohérence : un jour vous vous plaignez que les entreprises ne jouent pas le jeu du pays, un autre jour vous poussez des cris d’orfraie  quand il s’agit de mieux attirer les entreprises à créer de la croissance dans le pays. Par ailleurs, vous oubliez de mentionner, M Bedouret, qu’engagement est pris d’entièrement compenser le manque à gagner.

 

Enfin, soyons sérieux, il semble me souvenir que le président Mitterand, un socialiste si je me souviens bien, disait que c’était un impôt imbécile.

 

Votre charge contre l’Etat, votre charge contre la décentralisation assumée, cela ne cherche qu’à masquer vos difficultés à gérer la ville. Vous n’êtes pas en position de donner des leçons, vous qui avez, quand vous étiez au gouvernement,  pousser devant vous la dette de ce pays.

 

 

Quels sont vos orientations budgétaires dans ce contexte ?

 

Manifestement, elles semblent hors sujet.

Les Fontenaysiens ont des attentes vis-à-vis de leurs élus et ni vous ni nous ne devons les décevoir ; or vous manquez de réalisme et d’ambition à la fois. Que proposez-vous ? De grandes déclarations d’intention et de principes, c’est tout. Et c’est comme d’habitude. Ecoutez ce que disent les habitants dans les conseils de quartiers : «  je souhaiterais que les élus ne cherchent pas à se justifier mais fassent des propositions ».

 

Que proposez vous de concret en matière d’investissement, à part la réhabilitation de la piscine, et celle de la halle Roublot dont on parle depuis tant d’années ? notamment dans le domaine écologique qui était un point de votre programme ? ou dans le domaine culturel et récréatif, parent pauvre à Fontenay où les jeunes et les familles ont tendance à se tourner vers les villes voisines ?

Priorise, vous le dîtes abondamment, vous l’écrivez, vous le répétez à l’envi, mais priorisez sur quoi ? Pas de réponse.

 

Que proposez –vous en matière de nouveaux services à la population ?   Quid d’un plan d’amélioration de la propreté, quid de nouveaux services aux personnes âgées ?  Où sont les projets pour apporter enfin des solutions au problème du stationnement à Fontenay ?  Un an presque est passé et vous envisagez enfin de prendre le dossier à bras le corps : soyez sérieux , comment vous croire ?  Où sont vos projets pour fédérer les différentes parties de la ville, qui continuent à rester coupées les unes des autres ? enfin vous vous décidez à vous attaquer à la voirie, que nje l’avez-vous pas fait quand vous étiez moins sous contrainte, puisque selon vous le contexte est pire que précédemment. Nous aurions entendu tellement moins de plaintes des Fontenaysiens sur le sujet.

 

Que proposez- vous concrètement en matière de maîtrise des dépenses de fonctionnement, quand on affiche une augmentation de 4,3 % d’une année sur l’autre  ( comme c’est indiqué dans la note que vous avez remise au conseil, et non 4,2 % comme vous l’avez indiqué, M Bedouret )?  Rien, seulement une intention, et une promesse de meilleure gestion des fluides.

Quelles sont vos intentions en matière d’évolution des effectifs, dont vous rappelez qu’ils représentent 62 % des dépenses de fonctionnement? N’est-ce pas parce que vous avez recruté sans raison, sans réflexion sur l’accompagnement salarial nécessaire du personnel ? Former, revaloriser, c’est bien, c’est nécessaire, mais avec quel argent ? Ne faudrait il pas avoir une action de non remplacement des départs à la retraite, de redéploiement efficace pour vous donner des marges de manœuvre aujourd’hui ? Le personnel communal est à notre sens victime aujourd’hui de la mauvaise organisation et gestion choisie par votre majorité, et bénéficie de trop peu de formation et de revalorisation salariale, je dirai même de trop peu de considération. Il faut donner au personnel communal ce à quoi il a droit.

 

Que proposez-vous en matière de pilotage et de contrôle des dépenses ?  Vous prévoyez un contrôleur de gestion. Où est votre plan d’objectifs opérationnels, tel que souhaité en bonne pratique de  méthode par la Cour des comptes dans le rapport publié hier ? Quelles sont vos prévisions de financement ? C’est dès le débat d’orientations budgétaires que nous aurions du avoir une vision de vos priorités , puisque vous y travaillez depuis l’été dernier, avez-vous dit.

 

Enfin avez-vous envisagé une mesure des résultats sur votre budget ? Notamment une mesure de la satisfaction auprès des Fontenaysiens ?

  

Ce que vous nous proposez, c’est une simple collection de déclarations de principe, d’affichages de « peut-être ». Nous en avons eu ce soir des « peut-être », M Bedouret : peut-être ferons-nous  ceci, peut-être ferons nous cela.  Un pourcentage à définir , a dit M Benedict.

Hélas, avec de telles orientations, nous risquons d’avoir à nouveau, avec un tel démarrage de votre mandature, des augmentations d’impôts irrépressibles et irresponsables. Ne suffit-il pas déjà que la conseil général, tenu par vos amis, prévoit une forte augmentation cette année, du jamais vu ?

 

Oui, hélas, le temps est compté à Fontenay, et nous craignons pour l’avenir.

Publié dans Conseils Municipaux

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